CHIRURGIE DE LA MYOPIE

Où, quand et à quel prix se faire opérer ? 

Dans plus de 90 % des cas, les personnes opérées de la myopie se passeront toute leur vie de verres correcteurs de loin. Une perspective de confort qui fait rêver tous les porteurs de lunettes et de lentilles ! Pour commencer, il faut d’abord prendre rendez-vous avec un chirurgien ophtalmologiste qui pratique ce genre d’opération en cabinet, en clinique ou à l’hôpital. Pour en trouver un, rien ne vaut le bouche à oreille ou quelques coups de fil aux spécialistes du quartier. Le médecin vérifiera alors que le candidat à la chirurgie remplit un certain nombre de critères : 

-Il a entre 18 et 45 ans. Il est raisonnable d’attendre deux ans de plus que la majorité, question de maturité et de stabilité certaine. Quant aux personnes de plus de 45 ans, leur presbytie (la diminution de la vue de près touche tout le monde à cet âge) va petit à petit compenser leur myopie. Si elles préfèrent quand même se débarrasser de leur trouble de loin, elles peuvent opter pour la chirurgie mais devront porter des lunettes pour lire.

-Sa myopie demeure stable depuis au moins deux ans. À savoir : plus la myopie est forte (supérieure à 8 dioptries), plus il sera difficile de proposer une chirurgie.  

-Il ne présente pas de glaucome, d’amblyopie, de décollement rétinien ou de pathologie grave générale de type inflammatoire (par exemple une polyarthrite rhumatoïde). 

-Sa rétine ne révèle pas de problème particulier, sa cornée est assez épaisse et supporte la chirurgie. Ces facteurs se décèlent grâce à un fond d’œil et une topographie cornéenne.

À noter : les tarifs s’élèvent à au moins 1000 euros (pour un oeil). La Sécurité Sociale ne prend rien en charge. Seules certaines mutuelles prévoient un remboursement. Mais, quand on connaît le prix des lunettes et des lentilles (entretien compris !), à long terme, l’investissement financier vaut largement le coup.

 

Une technique aux risques limités

Les myopes ont des yeux trop convergents et ou trop « longs ». Pour rétablir leur vision, il faut amincir leur cornée. Pour cela, les chirurgiens utilisent le laser. L’opération dure entre 5 et 15 minutes selon la technique utilisée. Elle ne nécessite ni hospitalisation, ni anesthésie générale. Des gouttes endorment localement l’œil. Le patient ne souffre pas, même s’il peut ressentir de petites pressions désagréables pendant l’acte. 

Deux techniques dominent depuis une vingtaine d’années : 

- La PKR consiste à gratter la surface de la cornée puis à appliquer le laser. Depuis peu, la phase de grattage de la cornée peut aussi être remplacée par un laser (on parle de trans PKR). L’œil cicatrise tout seul. Il convient particulièrement aux patients dont la myopie n’est pas trop forte. Il provoque des douleurs dans les jours qui suivent l’opération (soulagées par une lentille protectrice) et nécessite d’attendre 2 ou 3 semaines pour récupérer une vision parfaite. 

-Le LASIK permet au médecin de découper au laser un « capot » dans l’épaisseur de la cornée, d’appliquer le laser puis de reposer le capot. Les résultats sont optimaux dès le lendemain. Inconvénient : l’opération est un peu plus longue et plus délicate que le PKR et empêche à long terme la pratique de sport violent. 

Hormis quelques désagréments -sécheresse oculaire fréquente, présence d’un halo (un flou visuel autour des lumières vives dans l’obscurité) rare- les complications post-opératoires graves touchent moins de 1% de patients. Les plus forts myopes peuvent un jour connaître un léger retour des troubles, réopérables si la cornée le permet. 

Restent quelques précautions à prendre dans les semaines qui suivent l’opération : ne pas s’exposer au soleil sans protection, éviter les bains et les sports violents, mettre des gouttes anti-inflammatoires et anti-biotiques quotidiennement. Par la suite, il faudra continuer à se rendre régulièrement chez son ophalmo. En effet, même si la vision est rétablie, l’œil reste myope et mérite donc d’être surveillé de près.